C’est la posture qu’on attend d’un chef de l’Etat : savoir prendre
la pleine mesure de l’ampleur du fléau, agir en Chef et prendre des
décisions parfois impopulaires. Est à saluer, la concertation qui aura
été de mise sur toute la ligne.

L’appel
lancé par le président Macky Sall est reçu cinq sur cinq par les élites
sénégalaises, en attendant leur traduction concrète en actes sur le
terrain, par des populations souvent peu respectueuses de l’ordre et de
la discipline. En atteste la réaction unanime des leaders politiques de
l’opposition – et de la société civile-, qui ont mis de côté,
temporairement, leur adversité pour se retrouver autour de l’intérêt
supérieur de la nation. Là où le dialogue national ne fait pas
l’unanimité, le coronavirus, lui, dicte sa loi et fait des miracles. Il
réussit à fédérer autour de l’essentiel des esprits souvent surchauffés.
C’est donc un mal pour un bien mais pour combien de temps encore.
Pourvu que la crise sanitaire, devenue planétaire, ne s’enlise pas dans
le temps, quitte à plomber la cohésion nationale et la trêve « coronale »
qui fait beaucoup de bien à la vie politique sénégalaise.
Est
aussi à saluer, l’attitude des chefs religieux qui ont également fait
montre de responsabilité et d’une maturité exemplaire en acceptant de
s’approprier les recommandations des autorités sanitaires, en décidant
de surseoir à l’organisation d’évènements religieux connus pour drainer
des milliers de fidèles, nonobstant le manque à gagner né de
l’annulation de ces rassemblements et leur impact sur nombre de
secteurs, le tertiaire notamment. D’où l’intérêt de réfléchir à un
accompagnement que l’Etat pourrait apporter aux personnes mises en
quarantaine, à savoir la prise en charge à la fois matérielle et
psychologique nécessaire à leurs familles. Et réfléchir également à une
compensation éventuelle pour les milliers de personnes qui seront
affectées directement par les mesures de confinement aux conséquences
multiples sur les activités économiques au ralenti, parfois à l’arrêt.
Last
but not least, la responsabilité des parents qui devront veiller sur
leurs enfants, surtout les adolescents qui estiment être en vacances
anticipées pour plusieurs semaines et par conséquent libres de tout
mouvement. Le défi sera justement de faire comprendre aux jeunes que
s’ils sont dispensés de cours, ce n’est pas pour se retrouver dans des
activités récréatives qui drainent du monde (terrain de foot, dahira,
plages etc.), mais de rester confinés à domicile. Et c’est toute la
difficulté qui risque de faire obstacle aux nouvelles mesures édictées
par les autorités de l’Etat qui sans doute, dans leur souci de mieux
protéger les Sénégalais, pourraient être amenées à envisager la mesure
radicale de fermeture des frontières aériennes pour limiter les dégâts
nés du « rapatriement volontaire » des émigrés et autres touristes dont
l’entrée sur le territoire national pourrait davantage mettre à
l’épreuve le système de santé sénégalais.

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